
Au Conservatoire Rachmaninoff de Paris, fondé en 1924 et aujourd’hui centenaire, le baryton Carlos Reynoso a marqué les esprits lors d’un concert organisé dans le cadre d’une excellente programmation de la carte blanche d’Opéra for Peace, consacré au thème de « L’Exil ».
Plus qu’un simple récital, le programme proposait une véritable traversée des langues et des émotions. L’exil, fil conducteur de la soirée, s’est imposé comme un état d’âme, une tension intérieure traduite avec intensité par l’artiste. De l’espagnol à l’allemand, du français au russe, Carlos Reynoso a démontré une maîtrise vocale et expressive remarquable, faisant de chaque pièce une expérience sensible et incarnée.
Sa voix de baryton, ample et chaleureuse, se distingue par une profondeur rare et une sincérité d’interprétation qui touche immédiatement le public. Loin de l’exercice technique, le chanteur privilégie l’engagement émotionnel et la transmission.
Carlos Reynoso s’est déjà illustré sur des scènes prestigieuses, notamment dans Roméo et Juliette au Théâtre des Champs-Élysées. Son premier grand rôle, Don Giovanni, qu’il interprète à seulement 21 ans, marque le début d’un parcours prometteur.
Au-delà de sa carrière internationale, l’artiste reste profondément attaché à son pays natal. Engagé dans la préservation et la promotion de l’opéra au Mexique, il œuvre activement à la sauvegarde de cet héritage culturel.
À l’heure où l’opéra cherche à renouveler ses voix et ses publics, Carlos Reynoso s’impose comme l’un des espoirs les plus convaincants de sa génération — une étoile montante de la scène lyrique internationale.


Annalisa Orlando, talentieuse pianist qui a accompagné Carlos Reynoso
